Chainsaw Man : Le manga que vous devez lire de toute urgence

Chainsaw Man : Le manga que vous devez lire de toute urgence

Vous avez déjà entendu parler de Chainsaw Man ? Si ce n’est pas encore le cas, je vous assure que dès l’année prochaine, ce manga sera sur les lèvres de beaucoup. Sorti en 2018, il s’agit du deuxième shōnen du mangaka Tatsuki Fujimoto. Avec 10 tomes actuellement sortis en France, sur 11 au Japon, Chainsaw Man sera adapté en anime début 2022. Et c’est sûrement l’une des meilleures nouvelles de l’actualité manga de l’année et voilà pourquoi.

Chainsaw Man : une pépite surprenante

Deux ans après son apparition dans le Weekly Shōnen Jump, le fameux magazine de prépublication de manga de la maison d’édition japonaise Shūeisha, Chainsaw Man débarquait enfin chez nous, en mars 2020. Depuis, dix tomes sont disponibles pour les lecteurs français et le onzième (et ultime) arrive le 10 novembre. Ces derniers composent la première partie du manga de Tatsuki Fujimoto qui, du coup, s’accorde une petite pause bien méritée avant de sortir la suite.

En attendant, on apprenait en décembre 2020 que le manga aura droit à son adaptation en anime. Bingo ! Aux commandes ? Le studio MAPPA, qui se cache derrière l’adaptation de Jujutsu Kaisen et la dernière saison de L’Attaque des Titans. Rien que ça !

À la musique, c’est Kensuke Ushio qui s’y colle et si vous avez lu mon article sur Devilman Crybaby, vous savez à quel point cet artiste sait sublimer les animes sur lesquels il travaille. Ainsi, si tout se passe bien, l’anime Chainsaw Man devrait marquer 2022. Mais c’est bien beau tout ça, mais de quoi parle ce manga ?

Vous avez déjà vu un démon-chien-tronçonneuse, vous ?

Dans Chainsaw Man, on fait la rencontre de Denji, jeune garçon de 16 ans livré à lui-même depuis la mort de son père. Père criblé de dettes que Denji doit rembourser. Pour ça, le jeune homme vend plusieurs de ses organes comme un œil, un rein et même un testicule. C’est bon pour vous ? Parce que ce n’est pas fini.

Eh oui, les dettes dont a héritées Denji sont colossales alors vendre ses organes, c’est pas mal mais ce n’est pas assez. Le garçon devient donc Devil Hunter, à savoir chasseur de démons, pour le compte de la mafia. Pour ce faire, il est accompagné de l’adorable Pochita, une sorte de chien-démon-tronçonneuse qui le suit partout.

Denji et Pochita dans le manga Chainsaw Man
Image : Chainsaw Man

Un jour, Denji tombe dans un piège tendu par son propre employeur mafieux. Alors qu’il est à l’article de la mort, il est sauvé par Pochita, qui fusionne avec lui. Pochita n’est plus et Denji est désormais mi-homme, mi-démon-tronçonneuse. C’est là que la Sécurité Publique débarque et le recueille, comme un bon chien errant. Denji sera désormais Devil Hunter pour leur compte. S’il refuse, il sera exécuté. Ainsi commence Chainsaw Man

Alors oui, je vous l’accorde, le synopsis est assez loufoque et extravagant. Personnellement, il ne m’a pas conquise au premier abord et il a fallu voir la hype autour du trailer de l’anime pour que je daigne jeter un œil au premier tome. Mais justement, ce synopsis un peu bancal crée une véritable surprise une fois le tome 1 refermé.

Faut-il des ambitions louables pour être un héros de shōnen ?

Déjà, on est décontenancé par les objectifs du héros, Denji. Eh oui, dans les shōnen classiques comme Naruto, One Piece ou plus récemment Demon Slayer, les héros ont tous des ambitions très louables comme devenir hokage, le roi des pirates ou encore sauver sa petite soeur transformée en démon.

Dans Chainsaw Man, oubliez tout ça puisque Denji n’a aucun objectif grandiloquent. Au regard de sa vie passée à crouler sous les dettes, le jeune homme n’a envie que de choses très simples : avoir un toit au-dessus de sa tête et un lit dans lequel se prélasser, pouvoir manger 3 repas par jour et puis, pourquoi pas, pecho une petite nana si l’occasion se présente. Voilà à quoi aspire ce protagoniste qui, on peut le dire, sort de l’ordinaire.

Denji et son objectif louable dans Chainsaw Man
Image : Chainsaw Man

Ce n’est rien de bien extravagant mais quand on sait que le jeune garçon n’a jamais pu mettre quelque chose sur ses tranches de pain de mie, on le comprend. De ce fait, on s’attache assez rapidement à ce protagoniste bancal, enfant sauvage sur les bords.

S’il accepte d’être exploité comme un chien fou par la Sécurité Publique, c’est tout simplement parce qu’ils lui offrent ce « luxe » auquel il aspire mais aussi, et surtout, parce que la cheffe de cette institution, Makima, a été la première à traiter Denji en humain. Eh oui, parfois, il en faut peu… Et Denji a conscience de la “bassesse” de ses aspirations mais il n’en a pas honte, au contraire.

Denji dans le manga Chainsaw Man
Image : Chainsaw Man

Des personnages flous et fous

Là aussi, un vent de fraîcheur souffle sur Chainsaw Man. Les personnages que met en scène Fujimoto sont attachants, notamment et surtout parce qu’ils sont loin d’être lisses. Ils sont globalement tous en proie à leurs traumatismes. À tel point qu’ils oscillent entre le Bien et le Mal. On est donc, là encore, loin de ce dont on a l’habitude dans les shōnen.

Le trio gagnant

Denji, dont on a déjà parlé, est un personnage ultra marqué, très sauvage dans sa manière d’agir mais également de s’exprimer. Pourtant, ça en fait un personnage vrai, simple, émouvant. Un protagoniste auquel on peut s’identifier. De part son nouveau boulot, il est entouré de Power et Aki, et à trois, ils forment une drôle de colocation.

Tout d’abord, Aki est un agent de la Sécurité Publique qui supervise le jeune homme. Calme, sombre et discret, c’est un Sasuke en puissance, sauf que ses rêves de vengeance sont plus intéressants que ceux du personnage de Naruto. C’est d’ailleurs le seul personnage du manga à avoir un objectif “louable”. Malgré sa nonchalence, on comprend vite que si on gratte un peu, un personnage touchant se cache sous ce masque de froideur.

Power, quant à elle, est une homini-démone du sang qui a rejoint l’unité relativement contre son gré, un peu comme Denji. Elle est à mourir de rire tellement elle est barrée, malpolie, violente et excentrique. Malgré tout, elle arrive à nous émouvoir par moment (mais je n’en dirais pas plus !).

Le trio de protagonistes dans le manga Chainsaw Man
Image : Chainsaw Man

Ces trois personnages forment une famille bancale à souhait mais qui tient la route. Chacun trouve finalement son équilibre. Mais pour combien de temps ?

Même les gentils sont mauvais ?

On peut aussi parler de Kobeno, une employée de la Sécurité Publique discrète qui a une folie certaine dans son regard. On se dit qu’à tout moment, elle peut vriller. Et pourquoi reste-t-elle, elle qui a le choix de quitter ce travail dangereux ? Tout simplement parce que la prime va bientôt tomber. Quelle question ! Ahhhh… Vous pensiez que c’était parce qu’elle voulait sauver les civils victimes des démons ?

Et puis, il y a aussi Makima, la directrice de la Sécurité Publique. C’est elle qui recrute Denji et qui le traite pour la première fois en humain. Pourtant… Difficile de la cerner. On sent que quelque chose cloche chez elle dès le début mais impossible de mettre le doigt dessus, si ce n’est qu’il est évident qu’elle utilise les sentiments qu’a Denji envers elle pour lui faire faire tout le travail ingrat. Oui bon, on en reparlera quand la première personne qui vous traitera en humain sera une jolie fille. On comprend le coup de foudre facile !

Pour faire simple, retenez que tous les personnages de Chainsaw Man sont timbrés. Ils le disent d’ailleurs eux même : pour être Devil Hunter, il faut vraiment avoir un pète au casque.

Chainsaw Man : l’art de casser les codes du shōnen

Si vous ne l’aviez pas déjà compris, dans son dernier manga, Tatsuki Fujimoto s’amuse à détourner un à un les codes du shōnen instaurés depuis des années. Non seulement il les détourne, mais  en plus, il s’en moque largement. Et le comble dans tout ça, c’est que le mangaka est prépublié dans le Weekly Shōnen Jump, le magazine qui pèse bien lourd dans le game du shōnen et qui a prépublié les plus grands : Hunter x Hunter, Naruto, Dragon Ball, One Piece pour ne citer qu’eux. Je ne sais pas si vous vous rendez compte du message…

Aussi, Fujimoto se moque de ses propres protagonistes. Il y a notamment un moment à la fin du tome 4 qui m’a fait sourire. Un agent de la Sécurité Publique dit à Aki “Tu me rappelles ces héros de shōnen débiles qui passent leur temps à courir après un objectif qui les dépasse… Tellement naïfs et prétentieux que ça m’en hérisse le poil”. Alors qu’ils sont précisément dans un shōnen… Bref, vous avez compris la mécanique du mangaka.

D’ailleurs, ce dernier n’en a rien à faire de ceux que vous aimez. Ah, pas question de fan service dans Chainsaw Man. Vous aimez un personnage ? Eh bien il ne risque pas de faire long feu, c’est quasiment écrit dès les premières pages. Et le pire, peut-être, c’est le rythme du manga. On n’a pas le temps d’accepter ce qu’il se passe, de digérer, que le mangaka en rajoute une couche. C’est haletant.

Fujimoto, un mangaka à suivre de près

En plus d’un scénario haletant, Chainsaw Man est sublimé par ses dessins impressionnants. Les planches sont superbement réalisées et nous coupent le souffle. Certains dessins sont marquants, en double page pour bien faire passer leur message. Les traits du mangaka sont puissants tout en étant fins. Cela donne des dessins propres et forts, qui appuient l’histoire à merveille. Surtout quand ils jouent avec les cases.

Fujimoto avait déjà séduit un bon grand nombre d’amateurs de manga en 2016 avec son premier manga intitulé Fire Punch, bourré de références cinématographiques. Eh oui, le mangaka de 29 ans (seulement !) est un très grand fan de pop culture, et on retrouve ces références dans Chainsaw Man. Rien que le personnage de Denji rappelle tout simplement Massacre à la Tronçonneuse. Et tout récemment, l’auteur a sorti de nulle part un manga one-shot intitulé Look Back.

Bref, le mec est jeune et a du talent à revendre donc je vous conseille de garder en tête le nom de Fujimoto. 😉

Comment ça, vous n’avez pas encore acheté le premier tome de Chainsaw Man ?

Si je n’ai pas encore réussi à vous convaincre de foncer acheter le premier tome (et les neuf suivants) de Chainsaw Man, laissez-moi conclure cet article.

Pour résumer, Chainsaw Man, c’est brutal, vulgaire, violent, triste (parfois), touchant (souvent) mais c’est aussi un manga que je trouve malgré tout marrant. Les répliques des personnages, leur manière de s’exprimer, les réactions du duo Denji et Power notamment viennent faire pétiller le manga, et contre-balancer tout ce côté sombre, qu’on aime tout autant. Finalement, humains, démons, on ne sait plus trop qui est gentil et qui ne l’est pas. Et on dévore un à un les tomes de Chainsaw Man.

Et j’annonce que si l’adaptation en anime est à la hauteur du manga, et sincèrement il y a tout pour, alors on a clairement l’anime de 2022 voire même de la décennie. Oui, je n’ai pas trop envie de peser mes mots aujourd’hui. On en reparle dans quelques mois ?

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