À voir absolument : Le bouleversant Devilman Crybaby

À voir absolument : Le bouleversant Devilman Crybaby

Devilman Crybaby… Par où commencer ? Dans ma liste à regarder depuis quelque temps déjà, il était enfin l’heure pour moi de découvrir cet anime qui m’intriguait de loin. Que dire ? Je n’ai pas été déçue du voyage. Âmes sensibles s’abstenir car Devilman Crybaby, ce n’est pas pour les pleurnichards. Critique garantie sans spoilers.

Devilman Crybaby : Les démons aussi ont un coeur

Adapté du manga Devilman publié dans les années 70, Devilman Crybaby est un anime original signé Netflix sorti en 2018 (oui, je suis un peu en retard). Et si les créations originales de la plateforme américaine laissent parfois à désirer, c’est loin d’être le cas pour l’adaptation de l’œuvre du mangaka Gō Nagai. Si le terme « mini-série » m’a porté à croire que niveau engagement émotionnel,  j’en sortirai indemne, j’étais loin du compte. Très loin !

Devilman Crybaby, c’est l’histoire d’Akira et de Ryo, deux amis d’enfance. L’un, froid comme la neige. L’autre, trop sensible pour ce monde. Déterminé à prouver l’existence des démons sur Terre, Ryo demande de l’aide à Akira, le chouineur de service, et l’entraîne dans une fête…démoniaque. Désormais possédé par Amon, le seigneur des ténèbres, Akira n’en perd pas pour autant son coeur d’humain. Il n’est pas réellement un démon, il est désormais un devilman. De quoi remettre considérablement en question notre vision du Bien et du Mal !

Il faut gratter pour savourer Devilman Crybaby

Pour apprécier correctement cet anime exceptionnel, il vous faudra faire un petit effort.
S’il est déconseillé aux moins de 16 ans, ce n’est pas pour rien. Devilman Crybaby regorge de scènes gores et sexuelles qui peuvent décontenancer. L’atmosphère de l’anime est, de ce fait, très spéciale. Mais accrochez-vous, car ça en vaut la peine ! C’est promis. Ces scènes, aussi inconfortables soient-elles, sont justement là pour nous montrer les vices de l’Homme, sa corruption, sa lâcheté, sa cruauté. En réalité, elles ont entièrement leur place dans l’anime et ne sont pas là juste pour être là.

Avec seulement dix épisodes de 25 minutes chacun, Devilman Crybaby ne demande pas un engagement trop important de la part des spectateurs. Cela dit, sa prouesse est de nous tenir en haleine avec si peu d’épisodes et de faire monter la pression d’un cran à chaque épisode. Bref, pas le temps de s’ennuyer. Toutefois, à force de ne pas vouloir perdre notre attention et avec si peu d’épisodes, l’anime ne développe pas plus que ça certains moments-clés, comme la transformation radicale d’Akira. Il semblerait que ça soit une spécialité du réalisateur, qui choisit généralement de ne pas s’encombrer de détails superflus, laissant notre intelligence faire le job.

L’anime est scindé en deux, la première partie posant les bases pour plonger dans cet univers si particulier. Une fois arrivés à la moitié de Devilman Crybaby, c’est un peu là que tout commence et, si vous en avez l’opportunité, je vous conseille de regarder cette deuxième partie d’une seule traite pour vraiment être pris aux tripes. Car c’est de ça dont il est question avec cet anime. J’ai l’impression que le réalisateur Masaaki Yuasa s’est emparé de mon âme, l’a secouée dans tous les sens pendant dix épisodes pour ensuite me laisser planter là. Il m’a carrément fallu revoir immédiatement la scène finale pour sortir de mon déni. On est loin de ce à quoi on nous a habitué. J’ai sincèrement été bouleversée par Devilman Crybaby, particulièrement par les trois derniers épisodes.

Un anime unique en son genre ?

Si l’atmosphère et même l’intrigue de Devilman Crybaby sont spéciales, il n’y a pas que ça qui en fait un anime unique. L’esthétique et le design des personnages sont particuliers, eux aussi. Cependant, c’est aussi cela qui m’a poussé à découvrir l’anime. Les dessins sont plutôt simples et minimalistes, presque “brouillons” parfois. Mais je comprends qu’en plus de la violence et du côté cru de certaines scènes, ce graphisme singulier peut en freiner plus d’un. Pourtant, c’est bel et bien un chef d’œuvre que nous a servi là le réalisateur Masaaki Yuasa. Il faut le voir pour le croire. Ils sont rares, les animes qui marquent à ce point.

Quant aux personnages de l’anime, ils sont étrangement attachants. Surtout Akira, pourtant possédé par un démon. Le jeune homme tiraillé entre sa nature de démon et son cœur d’humain est extrêmement touchant, jusqu’à la dernière minute de l’anime. On s’identifie assez facilement à la majorité des personnages car finalement, ce sont des personnes lambdas plongées dans un enfer sur Terre. Littéralement.

Ryo et Akira dans Devilman Crybaby
Image : Netflix

Pour sublimer le tout, Devilman Crybaby se démarque par une bande originale extraordinaire. On peut remercier Kensuke Ushio, qui se cache notamment derrière les BO de A Silent Voice, Space Dandy ou plus récemment, Japan Sinks: 2020. Mention spéciale aux passages rap, présents essentiellement en début d’épisodes, qui surprennent au premier abord mais qui sont si pertinents !

Enfin, difficile de ne pas spoiler et de contenir mon émotion. Pour rester vague, je dirais que Devilman Crybaby est un anime juste, qui dépeint la réalité telle qu’elle est. Pas telle qu’on aimerait qu’elle soit. Et c’est dévastateur.

Verdict : Regardez Devilman Crybaby !

Je n’ai qu’un conseil à vous donner : ouvrez immédiatement Netflix et lancez Devilman Crybaby. Et si vous aviez déjà tenté sans accrocher plus que cela, je vous en prie, donnez-lui une seconde chance. Devilman Crybaby vaut clairement le détour. J’espère, en tout cas, avoir réussi à vous convaincre de découvrir cette pépite d’animation avec ces quelques lignes !

Seule ombre au tableau, c’est bien les dix épisodes seulement qui composent l’anime. Ainsi, certains passages ou personnages auraient peut-être mérité plus de détails ou de profondeur. Mais au final, on lui pardonne très rapidement.

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